Synthèse Violences intrafamiliales

Cadre de vie et sécurité
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Mis à jour / Publié le
25/11/2025
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Les violences intrafamiliales en Nouvelle-Calédonie : regard sur l’ampleur d’un phénomène social peu signalé

En 2019 et 2020, en moyenne 14 500 personnes par an sont exposées à des violences physiques ou sexuelles - que l’agresseur soit connu ou non de la victime -, soit 7,6 % des personnes âgées de 18 à 75 ans. Loin d’être un cadre protecteur, le milieu familial est un espace d’exposition aux violences notable. En effet, 2,3 % des personnes âgées de 18 à 75 ans indiquent avoir été agressées physiquement ou sexuellement par un membre de leur famille au cours des deux dernières années et 1,5 % déclarent que ces actes de violences ont été perpétrés par un conjoint ou un ex-conjoint.
La majorité des victimes de violences sont des femmes. En outre, que la victime soit un homme ou une femme, ces faits de violences sont essentiellement imputables aux hommes. Si les femmes apparaissent plus exposées que les hommes, les résultats font également apparaître des variations liées à d’autres facteurs tels que l’âge, l’origine communautaire, ou encore, le lieu de vie des individus. Ces comportements violents entraînent des répercussions sur le bien-être physique, psychologique et social des victimes. À ces violences corporelles s’ajoutent des violences psychologiques perpétrées par le conjoint ou l’ex-conjoint. En moyenne , sur les années 2019 et 2020, un Calédonien sur huit est victime de violences physiques, sexuelles ou psychologiques, soit 22 200 personnes âgées de 18 à 75 ans (11,7 %).

 

Des violences physiques ou sexuelles concernant 7,6 % des adultes chaque année


À l’occasion de l’enquête Cadre de vie et sécurité (CVS) menée pour la première fois en 2021 en Nouvelle-Calédonie, 14 500 personnes ont révélé avoir subi des violences physiques         ou sexuelles en 2019 et 2020 - commises en dehors ou au sein du ménage -, soit 7,6 % des personnes âgées de 18 à 75 ans (Figure 1). 
Hors gestes déplacés et exhibitions sexuelles, ces atteintes  corporelles touchent en moyenne 10 300 personnes par an, soit 5,4 % de la population concernée.


Une surexposition des femmes aux violences physiques ou sexuelles

Chaque année, 8 300 femmes se voient infliger des violences physiques ou sexuelles. Ces faits, commis en dehors ou au sein du ménage, concernent 8,7 % d’entre elles et 6,5 % des hommes.

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La sphère privée, un espace d’exposition à la violence


En moyenne, en 2019 et 2020, 43 % des violences physiques ou sexuelles se déroulent dans la sphère familiale.

Ainsi, 4 400 personnes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences intrafamiliales en Nouvelle-Calédonie, soit 2,3 % de la population concernée. Pour 2 900 d’entre elles, ces violences ont été commises par leur conjoint ou leur ex-conjoint, soit 1,5 % de la population concernée (0,7 % en France métropolitaine en 2018).
Les femmes sont les plus concernées par ces violences commises dans la sphère privée. Elles sont 3 300 à être victimes de violences physiques ou sexuelles dans le cercle familial (3,4 %). Pour 2 400 d’entre elles, les violences sont le fait de leur conjoint ou ex-conjoint (2,6 %).


Les jeunes, deux fois plus touchés par les violences physiques ou sexuelles


Les violences physiques ou sexuelles touchent davantage les jeunes de 18 à 29 ans. Ils sont 12,4 % à déclarer avoir été victimes de brutalités physiques, d’exhibitionnistes, de gestes déplacés ou d’agressions sexuelles, hors ou dans le cercle familial. 

Les violences intrafamiliales et conjugales davantage rapportées par la communauté Kanak

Ainsi, les non-Kanak sont davantage affectés par les exhibitions sexuelles et les gestes déplacés que les Kanak. À l’inverse, les agressions sexuelles - comme les viols et les rapports sexuels forcés - sont davantage déclarés par les membres de la communauté Kanak. Hors exhibitions sexuelles et gestes déplacés, 5,9 % des Kanak déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles, contre 5,1 % des non-Kanak.
Les écarts se creusent quand les violences sont commises au sein de la famille, par le conjoint ou l’ex-conjoint. En effet, les taux de victimation sont respectivement de 3,1 % et 2 % pour les membres de la communauté Kanak, contre 1,8 % et 1,1 % pour les non-Kanak.

Des agressions majoritairement causées par des hommes, aux nombreuses conséquences, et principalement révélées à des amis ou à des proches

Des faits de violences imputables aux hommes

Dans les trois quarts des cas, les violences physiques ou sexuelles sont commises par des hommes. 
Qu’elles soient physiques ou sexuelles, l’auteur des violences intrafamiliales et conjugales est l’homme dans respectivement 87 % et 83 % des cas.


L’alcool ou la drogue fortement incriminés dans les épisodes de violences


En dehors de la sphère privée, les violences sont le plus souvent commises sous l’influence de l’alcool ou de la drogue. À l’inverse, dans la sphère familiale, les auteurs des violences sont moins fréquemment sous l’influence de ces produits. Toutefois, près d’une victime sur deux rapporte que son conjoint ou son ex-conjoint était sous l’influence de l’alcool ou de la drogue au moment des faits.


Des violences pouvant aller jusqu’à la tentative de meurtre


Trois quarts des victimes de violences déclarent avoir été giflées, frappées, étranglées, ou avoir subi d’autres types de brutalités (Figure 5). 17 % des victimes indiquent que leur agresseur a tenté de porter atteinte à leur vie.

 

Des comportements violents entraînant des répercussions physiques, psychologiques et sociales


Près de sept victimes sur dix déclarent avoir subi des blessures (visibles ou non) ou des fractures (Figure 6).
Après l’épisode de violence, le recours à un médecin est évoqué dans 23 % des cas. 13 % des victimes se sont vues délivrer un certificat d’incapacité totale de travail (ITT).
La violence a également des conséquences sur la santé psychologique des victimes, qui sont 52 % à qualifier les répercussions de ces agressions de « plutôt importantes » voire « très importantes ». 46 % des victimes rapportent que les agressions qu’elles ont subies ont entraîné des perturbations dans leur vie quotidienne, notamment professionnelle.

Des victimes se confiant en premier lieu à un ami ou à un proche

Seule une minorité de victimes effectue des démarches auprès des services sociaux ou médicaux. Les victimes d’agressions se confient en premier lieu à un ami ou à un proche (45 %), avant même un médecin (23 %), un travailleur social (11 %), une association (11 %) ou un psychologue (11 %) (Figure 7). Elles ne sont que 12 % à appeler le numéro vert mis en place à leur intention.

 

Des violences rarement signalées aux services de police ou de gendarmerie


Près de sept victimes de violences physiques ou sexuelles sur dix ne font aucune démarche pour signaler les faits subis auprès des services de police ou de gendarmerie. Seules 26 % des victimes de telles agressions déclarent s’être déplacées et 21 % avoir déposé plainte.¨

Si les violences intrafamiliales et conjugales sont également faiblement déclarées, elles sont plus souvent rapportées aux services de police et de gendarmerie : 25 % des victimes de violences au sein du cercle familial déclarent avoir déposé plainte.

Seules 24 % des victimes de violences conjugales déclarent avoir déposé une plainte à la gendarmerie ou dans un commissariat de police suite à ce type de violences.

Au-delà des atteintes corporelles, des violences psychologiques fréquentes de la part du conjoint ou de l’ex-conjoint, axées sur la dévalorisation de l’autre

Les violences psychologiques, des atteintes fréquentes souvent passées sous silence

En 2019 et 2020, 11 400 personnes par an en moyenne déclarent avoir été victimes de violences psychologiques de la part de leur conjoint ou ex-conjoint (soit 8 % des personnes en couple ou ayant été en couple). Toutes violences confondues, les violences psychologiques sont les plus fréquentes, en particulier chez les femmes. Elles sont en effet près d’une fois et demi plus nombreuses à subir ce type de violences que les hommes (9,2 % contre 6,7 %).

Des violences touchant davantage les jeunes, les membres de la communauté Kanak ou les habitants des zones rurales

Ces violences sont plus souvent mentionnées par les jeunes de 18-29 ans (13,4 % de la population), les membres de la communauté Kanak (9,2 %), les habitants des zones rurales (8,2 %), ainsi que les résidents des provinces Nord et Îles Loyauté (9,1 %).

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