Pauvreté et inégalités | Synthèse 2020

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Revenus et inégalités
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Mis à jour / Publié le
01/12/2025
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En Nouvelle-Calédonie, la pauvreté revêt des dimensions différentes selon les territoires

En 2020, un Calédonien sur cinq se trouve en situation de pauvreté monétaire. Mais ce taux n’est pas identique dans les différentes parties du territoire. Le niveau de vie médian des habitants de la province Sud est le double de celui des personnes vivant dans les îles Loyauté. Des disparités sont également observées au niveau des communes avec une différence marquée entre l’ouest et l’est de la Grande Terre. La mixité sociale, appréciée par la diversité des niveaux de revenus, est plus présente à l’ouest et dans l’extrême sud, la pauvreté plus prégnante dans le reste du territoire. Les communes où l’emploi est plus développé, notamment minier, sont moins impactées par les situations de pauvreté.

En 2020, la moitié des Calédoniens ont un niveau de vie mensuel inférieur ou égal à 175 900 F.CFP. Concept statistique, le niveau de vie rapporte le revenu disponible d’un ménage au nombre pondéré de personnes qui composent ce ménage (unités de consommation). Ainsi, un niveau de vie médian à 175 900 F.CFP correspond au revenu disponible d’une personne seule et à un revenu disponible de 369 400 F.CFP pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans par exemple (voir Définitions).

Le calcul du niveau de vie tient compte des revenus monétaires déclarés par les ménages, qu’il s’agisse de revenus du travail ou de transferts sociaux, et de l’autoconsommation estimée (voir Sources). Les revenus monétaires non déclarés, quelle que soit leur origine, ne sont pas connus et ne peuvent donc pas être pris en compte. Il en va de même des revenus issus de la redistribution informelle au sein des familles, des clans ou des communautés. Cet indicateur et ceux qui en découlent, permettent donc de comparer les ménages et les territoires entre eux, sur la base de leurs ressources monétaires déclarées. Toutefois, ils ne sauraient traduire parfaitement les réalités de vie, propres à chaque groupe social, les solidarités familiales ou coutumières, la diversité des modes de consommation et des situations concernant la propriété foncière.

Des niveaux de vie qui diffèrent selon les territoires

Le niveau de vie médian indique que 50 % des personnes disposent d’un niveau de vie inférieur à ce seuil. Ces personnes ne sont pas équitablement réparties sur le territoire. En effet, ce sont 45 % des personnes résidant en province Sud, 62 % de celles résidant en province Nord et 77 % de celles de la province des Iles Loyauté qui ont un niveau de vie inférieur à 175 900 F.CFP. 

Plus finement encore que le niveau de vie médian, la distribution des revenus (figure 9) permet de rendre compte des disparités de revenus sur chaque territoire. On divise pour cela la population en 10 groupes de taille égale, les déciles. À chaque décile correspond un seuil de niveau de vie qui sépare ce groupe, du groupe dont le niveau de vie est immédiatement supérieur. Les 10 % des habitants qui relèvent du 1er décile disposent d’un niveau de vie inférieur à D1, ce sont les plus précaires. Les 10 % les plus aisés, relèvent du 9e décile et disposent d’un niveau de vie supérieur à D9. Le rapport interdécile D9/D1 permet de rendre compte des écarts de revenus entre les plus aisés et les plus précaires. Au niveau des communes, des disparités sont également observées (figure 1).
En province Sud, les distributions de niveau de vie des communes sont assez homogènes.
En province Nord, il y a un effet est/ouest marqué. 
Les trois communes des îles Loyauté affichent les niveaux de vie parmi les plus faibles. 

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Un Calédonien sur cinq vit sous le seuil de pauvreté 


La mesure de la pauvreté monétaire est relative à un seuil qui, par convention en Nouvelle-Calédonie, s’établit à la moitié de la médiane du niveau de vie. En 2020, le seuil de pauvreté s’élève donc à 87 950 F.CFP. Environ 51 000 personnes vivent dans des ménages ayant un niveau de vie inférieur à ce seuil, ce qui correspond à un taux de pauvreté de 19,1 % (figure 2). Un Calédonien sur cinq vit donc sous le seuil de pauvreté. Ce nombre est quasiment stable par rapport à 2019. Construction statistique, le seuil de pauvreté mesure un niveau de pauvreté en ressources, indépendamment de la pauvreté ressentie ou de la pauvreté en conditions de vie. Il ne renvoie à aucune notion d’exclusion, de marginalisation, de privation ou de renoncement à ses besoins. 

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Mixité à l’ouest et l’extrême sud, pauvreté à l’est et dans les îles

Toujours à l’échelle des communes, la mixité sociale, vue ici au travers de la diversité des niveaux de vie au sein de la population, est observée à partir de la répartition de leurs habitants dans les quintiles de niveau de vie (figure 6). Les communes sont caractérisées selon leur profil dans cette répartition. Les zones de faible mixité, donc à dominante pauvre ou riche, sont celles dans lesquelles les sous-populations extrêmes (dans les premiers ou derniers quintiles) sont surreprésentées. Au contraire, les zones mixtes sont celles où la répartition des habitants dans chaque quintile est plutôt équilibrée, témoignant ainsi d’une diversité des niveaux de vie des habitants. 

Ainsi mesurée, la mixité sociale est plus forte dans les communes de l’ouest de la Grande Terre. Ces communes (en jaune sur la fig.6) sont donc celles pour lesquelles les revenus de leurs habitants sont hétérogènes. Elles regroupent 36 % des Calédoniens, qui vivent donc entourés de voisins aux niveaux de vie variés. 30 % des personnes en situation de pauvreté vivent dans ces communes à forte mixité.
Par opposition, les autres communes sont à dominante pauvre (en bleu sur la fig.6) ou riche (en mauve sur la fig.6). Les territoires à dominante pauvre regroupent 17 % de la population et 35 % des personnes en situation de pauvreté. Les communes à dominante riche (Nouméa, Païta et Pouembout) accueillent 47 % de la population et 35 % des personnes pauvres.

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Des revenus majoritairement acquis par le travail

Les revenus du travail sont la principale composante des niveaux de vie des habitants (78 %). Les aides sociales et le chômage représentent en moyenne 6 % des niveaux de vie (figure 9). Cette proportion est beaucoup plus importante pour les personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté (près de 40 %) ou dans le halo (près de 30 % - voir encadré 2). La redistribution joue donc son rôle d’aide aux personnes les plus en difficulté. 

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La composition des niveaux de vie varie également selon les territoires (figure 10). Logiquement, ce sont les territoires avec les plus forts taux de pauvreté qui ont des parts de revenus du travail parmi les plus faibles. La part des retraites et pensions est proportionnellement plus importante dans le Grand Nouméa et le Sud-Ouest, territoires où la part de personnes âgées est plus importante. Les aides sociales sont plus présentes dans la composition des revenus de l’extrême-Nord, de l’Est de la Grande Terre et des Iles Loyauté. Sur ces territoires l’autoconsommation améliore les niveaux de vie des habitants.

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La redistribution et l’autoconsommation améliorent les niveaux de vie des plus modestes

La redistribution (chômage, aides sociales et impôts) atténue la pauvreté. Sans elle, le taux de pauvreté serait de 24,3 % et le nombre de personnes pauvres s’établirait à 65 500. L’autoconsommation permet également d’améliorer les niveaux de vie des Calédoniens, mais dans une moindre mesure. En effet, avec les transferts sociaux et sans autoconsommation, le taux de pauvreté serait de 20,8 %, et 56 000 personnes vivraient sous le seuil de pauvreté. Ce taux de 20,8 % est 2,5 fois plus élevé que celui de la Métropole, qui se situe à 8,3 %. L’amélioration est logiquement observée pour les personnes ayant des revenus modestes. Les transferts sociaux et l’autoconsommation permettent de tripler le premier décile de niveau de vie (figure 11).

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Chiffres clés

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Taux de pauvreté monétaire 
Année 2020
19.10
%
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Nombre de personnes vivant dans des ménages dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté
2020
51000
Nombre
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Rapport interdécile de niveau de vie
Année 2020
11.90
%
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Part des aides sociales et du chômage dans les niveaux de vie des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté
2020
40
%
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