L'impact du nickel en Nouvelle-Calédonie | Les impacts économiques - Synthèse 2019
L’économie calédonienne forte des retombées du nickel
La précédente étude portant sur les impacts du nickel a permis d’estimer qu’un quart des salariés du privé dépendent directement ou indirectement de son exploitation. Pour compléter cette approche, ces mêmes impacts ont été mesurés selon les concepts de la comptabilité nationale et confirment le poids économique substantiel du secteur. Les commandes adressées par ses opérateurs génèrent en cascade une production locale diversifiée dont la valeur ajoutée, alors qualifiée d’« indirecte » représente 66 milliards de F.CFP. Celle-ci est supérieure à la valeur ajoutée dégagée directement par la branche nickel (de l’ordre de 43 milliards de F.CFP). Si l’on ajoute les effets induits par la consommation des ménages dont l’activité est directement ou indirectement en lien avec le secteur, la richesse globalement générée par le nickel en Nouvelle-Calédonie s’élève à 137 milliards de F.CFP, soit 20 % de la richesse marchande créée en 2019.
Le nickel représente directement 7 % de la valeur ajoutée marchande
Globalement, 208 000 tonnes de minerai de nickel ont été extraites en 2019, et 95 600 tonnes de produits métallurgiques sont sorties d’usine. Cette année marque la rupture d’une série de quelques années de production métallurgique et minière croissante. Le minerai extrait approvisionne les usines locales pour la fabrication de produits métallurgiques ou est exporté. Les cessions de minerai à l’extérieur du territoire nécessitent l’accord du gouvernement calédonien qui évalue les demandes selon des critères précis.
Deux types de minerai sont exportés : la latérite et la saprolite à teneur en nickel plus importante mais plus enfouie dans le sol. En 2019, quatre acteurs du secteur, dont la SLN, ont exporté du minerai de nickel vers des usines étrangères.
S’agissant des produits métallurgiques, le ferronickel et l’oxyde de nickel sont les produits phares en termes de ventes en 2019. Ils représentent 91 % des exportations métallurgiques totales en valeur, et laissent le Nickel Hydroxyde Cake (NHC) et le cobalt au dernier rang des produits vendus.
Pour assurer ces productions, les opérateurs consomment beaucoup d’intrants : leur taux de consommations intermédiaires (rapporté à la production) est élevé, de l’ordre de 80 %, ce qui explique la relative faiblesse de la valeur ajoutée du nickel dans le PIB calédonien, entre 3 et 9 % sur les dix dernières années.
Par ailleurs, la vingtaine d’entreprises effectuant de l’extraction de minerai, et plus encore les trois métallurgistes, réalisent des investissements lourds pour maintenir ou améliorer leurs outils de production. En contrepartie, ce besoin en intrants et investissements génère une demande qui entraîne fortement l’activité économique.
Une industrie fortement consommatrice de services et d’énergie
En 2019, pour produire, les acteurs du secteur nickel en Nouvelle-Calédonie ont dépensé plus de 170 milliards de F.CFP, auxquels s’ajoutent plus de 20 milliards de F.CFP destinés à leurs investissements. 42 % de ces dépenses sont adressées aux acteurs économiques calédoniens, soit plus de de 80 milliards de F.CFP.
Les mineurs sont à l’origine de 12 % de ces dépenses totales, soit 22 milliards de F.CFP. Les deux tiers de leurs achats sont réalisés en Nouvelle-Calédonie
Les métallurgistes achètent approximativement 66 milliards de F.CFP de biens et services produits localement, l’électricité et le BTP étant les plus importants. La part de biens importée représente plus de 87 milliards de F.CFP, principalement des énergies fossiles et des matériels d’équipement. Leurs importations de services sont estimées à plus de 16 milliards de F.CFP en 2019, avec une prédominance des services aux entreprises et du transport.
Premier poste de dépense, l’énergie est le produit le plus consommé par les opérateurs du nickel, et représente près du tiers des dépenses totales du secteur.
Le BTP et les services de transport et de télécommunication sont les postes de dépenses les plus importants sur le territoire. Il s’agit de services dont l’offre locale ne tarit pas, ils concentrent donc plus de 40 % de l’ensemble des dépenses locales, soit 44,6 milliards de F.CFP.
Les matériels d’équipement et les produits industriels représentent près de 60 milliards de F.CFP de dépenses pour les acteurs du nickel. Ce poste comprend également l’installation, la maintenance et la réparation effectuées sur ces biens, ce qui explique qu’une part non négligeable de ces dépenses (27 %) soient considérées comme « locales »
66 milliards de F.CFP de valeur ajoutée indirecte
L’activité du nickel en Nouvelle-Calédonie génère indirectement 66 milliards de F.CFP de valeur ajoutée dans les autres secteurs de l’économie. En effet, les commandes du nickel aux autres secteurs garantissent à ces derniers un débouché considérable pour l’écoulement de leurs biens ou services, et représente une source de chiffre d’affaires notable. Pour assurer cette production, les fournisseurs et prestataires génèrent également de la demande extérieure et locale.
Par cet enchaînement de demandes successives, le secteur tertiaire enregistre les plus importantes retombées du nickel, avec 43 milliards de F.CFP de valeur ajoutée générés indirectement. Trois activités bénéficient chacune à hauteur de 12 milliards de F.CFP de valeur ajoutée : le commerce (représentant 12 % de sa richesse créée en 2019), les services de transports et télécommunications (17 %) et les services aux entreprises (15 %).
Les retombées du nickel pour les secteurs de l’industrie et du BTP représentent respectivement une valeur ajoutée de 12 et 10 milliards de F.CFP.
Finalement, en 2019, le secteur du nickel est directement ou indirectement à l’origine de 109 milliards de F.CFP de richesse créée, correspondant à 16 % de la valeur ajoutée marchande
Une valeur ajoutée induite de 28 milliards de F.CFP
Une valeur ajoutée induite de 28 milliards de F.CFP Au-delà de cette activité indirecte, l’exploitation du nickel génère également une activité induite, en lien avec les dépenses de consommation des personnes rémunérées directement ou indirectement. Celle-ci génère une valeur ajoutée de 28 milliards de F.CFP.
Principal poste de consommation des ménages, les services sont les premiers bénéficiaires de ces retombées induites, avec une valeur ajoutée de 16 milliards de F.CFP. Le commerce est également impacté par la demande induite par les ménages, à hauteur de 7 milliards de F.CFP de valeur ajoutée. L’industrie locale enregistre un impact induit de 5 milliards de F.CFP en termes de valeur ajoutée, 1 milliard de F.CFP pour le BTP.
En cumulant les impacts directs, indirects et induits, l’impact global de l’exploitation du nickel représente une richesse créée en Nouvelle-Calédonie de 137 milliards de F.CFP : en plus des 43 milliards de F.CFP de la branche nickel, 47,6 milliards de F.CFP pour le secteur des services ; 18,4 milliards de F.CFP pour le commerce ; 17,1 milliards de F.CFP pour l’industrie ; 11 milliards de F.CFP pour le BTP. Ce sont ainsi 20 % de la richesse marchande produite en Nouvelle-Calédonie qui découlent de l’exploitation de la ressource minière.