L'impact du nickel en Nouvelle-Calédonie | Les emplois direct et indirects - Synthèse 2019
Les emplois directs et indirects : un quart des emplois du privé lié au nickel en 2019
L’économie calédonienne est souvent présentée comme centrée sur l’exploitation du nickel, moteur de sa croissance et vecteur de rééquilibrage. Les exportations de minerai et de métal représentent 90 % des exportations du pays mais le poids économique du secteur, mesuré par sa valeur ajoutée dans le produit intérieur brut (PIB), se limite à 6 % et ne reflète pas cette importance. Cette étude vise à mesurer la contribution globale du secteur qui ne s’arrête pas aux seuls flux engagés par ses acteurs directs mais comprend également ce que le secteur emploie et consomme,
alimentant ainsi le reste de l’économie. L’évaluation des effets d’entraînement du secteur de la mine/métallurgie est proposée sous l’angle l’emploi salarié et conclut que 24 % des emplois du privé dépendent directement ou indirectement de l’exploitation du nickel.
Le nickel emploie directement 9 % des salariés du privé
Le nickel emploie directement 9 % des salariés du privé Une vingtaine d’entreprises, de tailles hétérogènes, procèdent à l’extraction du minerai, dont une partie est transformée dans les trois usines implantées sur le territoire : la Société le Nickel (SLN), Vale NC et Koniambo Nickel SAS (KNS). Ces mineurs et métallurgistes constituent par définition le secteur du nickel et regroupent à ce titre les emplois directs du secteur.
Avec plus de 5 900 salariés directs fin 2019, le nickel confirme sa position d’employeur majeur du pays : il représente 42 % de l’emploi industriel et 9 % de l’ensemble de l’emploi salarié du privé.
Depuis la précédente étude menée sur l’année 2012, l’em ploi du secteur a fortement progressé, principalement sous l’influence de la mise en
production de l’usine KNS en 20131. Sur les années récentes, l’emploi a ralenti progressivement, en lien avec les objectifs de réduction des coûts des opérateurs, jusqu’à diminuer en 2016 et 2017. L’année 2018 amorce une reprise qui se traduit par une augmentation de 1,8 % du nombre
d’emplois en 2019. Celle-ci concerne uniquement la mine et s’explique par la délivrance de nouvelles autorisations d’exportation de minerai.
Les rémunérations annuelles brutes des employés atteignent près de 32 milliards de F.CFP. Ainsi, 12 % de l’ensemble des salaires du privé
proviennent directement des entreprises du nickel. Le secteur verse des salaires élevés par rapport au reste du secteur privé : le salaire mensuel net moyen en équivalent temps plein y atteint près de 394 000 F.CFP, soit un tiers de plus que l’ensemble du secteur privé.
Les cotisations patronales associées sont évaluées à plus de 11 milliards de F.CFP.
65 % des achats effectués en Nouvelle-Calédonie
Les entreprises de la métallurgie et de l’extraction minière ont engagé près de 182 milliards de F.CFP d’achats en 2019. Les commandes passées auprès d’entreprises (hors associations et établissements publics) établies localement2 représentent 65 %, soit 118 milliards de F.CFP.
Les résultats du secteur sont largement impactés par l’activité des trois métallurgistes, ceux-ci étant à l’origine de 84 % des achats soit 153
milliards de F.CFP, dont 91 sont réalisés localement. Il existe de nombreuses interactions entre les différentes entreprises du secteur, les acteurs principaux pouvant réaliser des missions de sous-traitance pour d’autres opérateurs. C’est le cas des tâcherons notamment, qui réalisent des
prestations pour le compte des titulaires miniers.
En 2019, on dénombre plus de 1 800 fournisseurs et sous-traitants directement liés aux entreprises du nickel Les prestations exécutées par les acteurs du secteur nickel eux-mêmes (dont le tâcheronnage) représentent 10,5 milliards de F.CFP. Le montant des commandes passées auprès de prestataires du secteur privé hors nickel s’établit à 108 milliards de F.CFP, dont 8 milliards auprès d’entreprises connexes au nickel. Celles-ci exercent des activités totalement dépendantes de la mine/métallurgie : le roulage minier, la mécanique sur engins miniers, le terrassement minier, les analyses de minerai, …
Le taux de dépendance des entreprises vis-à-vis du nickel est de l’ordre de 18 % (poids des commandes dans leur chiffre d’affaires).
Des emplois indirects presque aussi nombreux
L’ensemble des commandes du nickel, soit les 108 milliards de F.CFP identifiés, constitue une source de chiffre d’affaires pour les entreprises du secteur privé hors nickel. En rapprochant le montant des commandes au chiffre d’affaires déclaré par chacune de ces sociétés, il est possible de mesurer leur taux de dépendance au nickel. Rapporté ensuite au nombre de ses salariés, on peut estimer les effectifs nécessaires à la réalisation des contrats. Ils pourront alors être qualifiés comme « employés indirectement » par le secteur du nickel. Par définition, les entreprises connexes dépendent entièrement du secteur, leur chiffre d’affaires et leurs emplois sont à ce titre retenus dans leur globalité. Elles concernent 365 entreprises, dont la moitié sont des entrepreneurs individuels, et regroupent un peu plus de 560 salariés. Finalement, les commandes permettent aux fournisseurs et sous-traitants de premier rang l’emploi de 4 560 salariés.
Les effets indirects ne s’arrêtent pas au seul constat précédent. En effet, pour honorer leurs commandes, les entreprises vont devoir à leur tour consommer un certain nombre de biens et de services.
Afin de ne pas sous-évaluer l’impact global, l’étude intègre cette dimension et livre une estimation globale des effets sur l’emploi liés à l’activité générée auprès du second rang de fournisseurs. Ainsi, en assurant 108 milliards de commandes pour le secteur nickel, les fournisseurs et sous-traitants vont à leur tour être à l’origine d’une production locale additionnelle d’environ 40 milliards de F.CFP, permettant l’emploi supplémentaire de 1 230 salariés
Finalement, en 2019, le secteur nickel est alors directement ou indirectement à l’origine de l’emploi de 11 750 salariés, correspondant à près de 18 % de l’emploi total du secteur privé.
800 emplois induits par la consommation des ménages dépendant du nickel
L’activité économique du nickel, qu’elle soit directe ou indirecte, a également des effets induits occasionnés par la consommation des travailleurs concernés. Plus concrètement, les revenus perçus par les salariés du nickel et de leurs fournisseurs et sous-traitants vont être réinjectés pour partie dans l’économie calédonienne sous forme de dépenses de consommation. C’est l’effet multiplicateur de toute activité économique. La population totale concernée par les commandes regroupe les travailleurs du nickel (directs ou indirects) ainsi que les personnes résidant avec eux, tout ou partie des revenus de leur foyer découlant de l’activité des mineurs et des métallurgistes. Les retombées induites traduisent le nombre d’emplois salariés nécessaires pour satisfaire la consommation des ménages liés au nickel (alimentation, transports, logement, éducation…). En 2019, pour 3 emplois salariés liés directement ou indirectement à l’exploitation du minerai, il se crée un emploi induit (hors secteur public). A l’échelle calédonienne, environ 3 840 salariés (soit 6 % des salariés du privé) résulteraient alors de ces dépenses de consommation.
Synthèse des effets sur l’emploi salarié
Les résultats de cette étude confirment l’importance des effets d’entraînement du nickel sur l’économie calédonienne, mesurés sous l’angle de l’emploi salarié. Le coefficient multiplicateur entre l’emploi du secteur du nickel et l’ensemble des emplois indi rects et induits est de 2,6 soit un niveau équivalent à ce qui était constaté lors de l’étude portant sur l’année 2012. A l’époque, l’usine KNS n’était pas retenue dans la branche « nickel ». La prise en compte de son impact en phase de construction portait ce coefficient à 3,2 témoignant de l’impact du projet encore plus important durant sa phase d’investissement.