Exactions de mai 2024 : Impact sur les associations employeuses
Conséquences des exactions de mai 2024 : un tissu associatif fragilisé et des incertitudes pour l’avenir.
Six mois après les exactions de mai 2024, le tissu associatif en Nouvelle-Calédonie sort fragilisé. Interrogées entre novembre et décembre 2024, la quasi-totalité des associations employeuses ont été touchées par cette crise sans précédent, avec plus de la moitié (56 %) ayant subi des impacts sévères, voire critiques. Près de quatre associations sur cinq ont dû suspendre et/ou réduire leurs activités.
Les principales conséquences de ces évènements sont d’ordre financier et organisationnel, avec une baisse de la demande de service dans des domaines tels que le sport, les loisirs, la culture ou la santé (annulation, suspension ou report de projets ou d’évènements) ou, au contraire, une forte augmentation des bénéficiaires pour les associations intervenant dans le domaine de l’action sociale. L’impact financier est particulièrement marqué : entre mars et novembre 2024, les associations ont dû composer avec une diminution de 30 % de leur budget prévisionnel. Les associations sont également fragilisées par la perte de ressources humaines : elles font face à une diminution de 9 % de leurs salariés, 7 % de leurs bénévoles et 11 % de leurs adhérents. Six mois après le déclenchement de cette crise, l’optimisation des coûts et des ressources apparaît comme le principal levier mobilisé par les associations pour relancer leur activité.
Pour autant, les associations expriment des doutes quant à leur capacité à surmonter ces difficultés : 52 % font part de leurs incertitudes, et 10 % sont même pessimistes quant à leur avenir. Trois associations sur cinq estiment qu’il leur faudra au moins six mois, voire davantage, pour retrouver un niveau d’activité comparable à celui d’avant les événements, tandis que 13 % redoutent une dissolution imminente. Si les associations devaient cesser leurs activités, les conséquences seraient à la fois sociales, économiques, sanitaires et environnementales.
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Impact des exactions de mai 2024 : des conséquences financières, humaines et matérielles sur tout le tissu associatif
La quasi-totalité des associations impactée par les exactions de mai 2024
Interrogées entre novembre et décembre 2024, 97 % des 263 associations employeuses du territoire ont été affectées par les blocages ou les destructions qui ont découlés des exactions survenues en Nouvelle-Calédonie en mai 2024. Plus d’une association sur deux a été gravement affectée par ces événements (impact sévère ou critique), tandis que 41 % ont signalé un impact modéré ou faible. Seules 3 %, soit une dizaine d’associations, ont déclaré n’avoir subi aucun impact entre mai et novembre.
Mesure de l’impact des exactions de mai 2024.
Les conséquences de ces exactions ont été ressenties plus ou moins fortement selon le domaine d’activité, la taille des structures ou leur localisation. En effet, parmi les associations les plus durement touchées (impact sévère ou critique), se trouvent les associations des domaines du spectacle et des activités artistiques, de l’action sociale, humanitaire et caritative sans hébergement, de la défense de causes et d’intérêts, ainsi que du sport. Les petites structures de moins de 10 salariés ont également été particulièrement affectées (59 %).
Mesure de l’impact des exactions de mai 2024, selon le domaine d’activité, la taille et le siège de l’association.
Situées dans les zones les plus exposées, les associations dont le siège est en province Sud ont été les plus durement touchées par les exactions (60 %). Dans le Nord et les Îles, bien que plus éloignées des violences, les associations ont également subi des impacts, mais de manière plus modérée.
L’impact financier : première conséquence des exactions de mai 2024
Fin 2024, le principal impact des exactions de mai est d’ordre financier pour les trois quarts des associations.
Nature des principaux impacts.
Le recours à leurs services a également baissé pour la plupart des associations (70 %). Ainsi, les associations du domaine des sports (95 % d’entre elles), des loisirs (85 %), de la culture (73 %) ou de la santé (70 %) ont dû annuler des événements, suspendre ou reporter des projets, dans un contexte où les regroupements étaient interdits, le public frileux, les déplacements difficiles ou incertains. Pour 22 % des associations, des problèmes d’ordre logistique (destructions et dégradations d’infrastructures, de véhicules et d’équipements) ont perturbé leurs activités, rendant difficile l’accès aux sites et aux services essentiels pour la population.
À l’inverse, la demande de services a augmenté pour 20 % des associations, notamment celles intervenant dans le domaine de l’action sociale, avec des besoins d’aide alimentaire, psychologique ou médicale, aggravés par des difficultés économiques déjà présentes et des ruptures de services.
Autre conséquence de cette crise, 52 % des associations font état de partenariats affaiblis ou annulés.
Le désengagement de partenaires importants, l’incertitude et le manque de visibilité sur l’avenir ont freiné les initiatives de collaboration.
Sans surprise, les événements ont également eu des répercussions humaines (49 %), entraînant le désengagement de bénévoles et d’adhérents en raison de contraintes de déplacement ou de priorités quotidiennes. Par ailleurs, les licenciements et départs volontaires non remplacés faute de financement ont fragilisé les compétences disponibles, perturbant l’organisation interne des associations. Le recours au temps partiel est également plus élevé après les exactions, passant de 20 % à 27 % des emplois.
Une diminution de 30 % par rapport au budget annuel prévisionnel
Avant le début de la crise, les ressources globales annuelles des associations étaient estimées à 20,8 milliards de francs CFP (prévisionnel 2024 déclaré par les associations au moment de l’enquête). Cependant, en novembre 2024, seuls 14,6 milliards de F.CFP ont été réellement touchés par les associations, représentant une baisse de 30 % par rapport au budget prévisionnel.
Si globalement, en novembre 2024, 70 % des ressources prévues ont été versées aux associations, la réalité diffère sensiblement d’un domaine d’activité à l’autre.
Ainsi, plus de 70 % des budgets prévus ont bien été alloués aux domaines de la santé, de la culture, de l’action sociale et de l’hébergement social et médico-social, tandis que les domaines du spectacle et surtout des loisirs ont été particulièrement pénalisés, avec respectivement 60 % et 49 % des montants attendus.
Les subventions constituent 32 % des ressources globales de l’ensemble des associations employeuses, toutes structures confondues. Cependant, individuellement, ces dernières dépendent plus ou moins fortement des subventions qui leurs sont attribuées.
Ainsi, les associations des domaines de l’hébergement social et médico-social, de la défense de causes et d’intérêts, de la culture, de la gestion des services économiques et de développement local, ainsi que du spectacle se révèlent particulièrement dépendantes aux subventions : les subventions couvrent plus de la moitié de leur budget prévisionnel. Dès lors, elles sont particulièrement vulnérables en cas de non-versement. À l’inverse, le secteur de la santé repose principalement sur ses propres recettes.
En novembre 2024, les associations n’ont reçu que 61 % des subventions globales annuelles initialement prévues. Dans le détail, les aides communales, bien que moins conséquentes, ont subi les plus fortes réductions, avec seulement 43 % des fonds versés aux associations.
Les dotations des provinces et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, qui représentent des montants plus importants, ont également subi de lourdes diminutions. En effet, seuls 56 % des fonds provinciaux et 55 % des fonds gouvernementaux ont été versés aux associations. L’État leur a versé 82 % des montants prévus.
Comparatif entre les subventions prévues et réellement perçues.
En novembre 2024, les associations font également état d’une perte estimée à 3,5 milliards de francs CFP de ressources hors subventions, en grande partie due à une baisse de 56 % du mécénat. Enfin, l’augmentation des dons (+15 %) ne suffit pas à compenser la diminution des cotisations (-35 %) et des recettes propres (-24 %).
Chiffres-clés
- Emplois supprimés - Entre mars et novembre 2024 - 260 - Nombre
- Ressources globales annuelles - Entre mars et novembre 2024 - 6,1 - Milliards de francs
Rapport entre le nombre de décès enregistrés au cours de l'année, à la population totale du milieu de cette même année, exprimé pour 1 000 personnes. Il représente donc le nombre de décès sur une période donnée pour 1 000 habitants.
Le taux de mortalité est influencé par la structure par âge de la population, mais aussi par son état de santé général, ses conditions socio-économiques, des problèmes de santé publique ou des facteurs environnementaux spécifiques ...
Rapport entre le nombre de naissances vivantes enregistrées au cours de l'année, à la population totale au milieu de cette même année, exprimé pour 1 000 habitants. Il représente donc le nombre de naissances sur une période donnée pour 1 000 personnes.
Le taux de natalité ne reflète pas uniquement les comportements de procréation d’une population. Il est également influencé par la structure par âge de celle-ci. Ainsi, une hausse du taux de natalité peut résulter de choix volontaires de la population en faveur d’un plus grand nombre d’enfants ou bien correspondre à l’augmentation du nombre de femmes en âge de procréer, sans pour autant que les comportements individuels aient changé.
Ainsi, pour interpréter l'évolution des taux de natalité, il est essentiel de se référer aux indicateurs de fécondité, qui décrivent plus finement les comportements reproductifs des femmes selon leur âge.
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