Enquête Forces de travail | Synthèse annuelle 2022 | Inégalités par genre et communautés
Face à l’emploi, les femmes et les Kanak restent désavantagés par rapport aux hommes et aux non-Kanak
Entre 2020 et 2022, 4 000 personnes ont rejoint le marché du travail en tant qu’actifs occupés. Parallèlement, le nombre de chômeurs recule en 2 ans. Ces bons résultats profitent plus aux hommes qu’aux femmes. Même en étant plus diplômées, les femmes sont moins souvent en emploi que les hommes. En outre, leurs statuts d’activité et leurs conditions d’emploi sont moins favorables. Les femmes sont moins actives ou disponibles que les hommes pour rechercher un emploi, du fait de problématiques sociales principalement. Une femme sur six ne souhaite pas travailler pour s’occuper d’un enfant ou d’un proche. Les bons résultats 2022 profitent aussi aux Kanak, mais les écarts persistent par rapport aux non-Kanak. Les Kanak, globalement moins diplômés que les autres communautés, restent minoritaires en emploi. Mais les écarts persistent même à niveau de diplôme équivalent. En outre, ils occupent des emplois à moindre responsabilité ou plus précaires et sont davantage concernés par les situations de chômage.
L’égalité professionnelle entre hommes et femmes n’est pas encore au rendez-vous
En 2022 en Nouvelle-Calédonie, une personne de 15 ans et plus sur deux est une femme. Toutefois en emploi, leur proportion est inférieure à celle des hommes : les femmes occupent 47 % des emplois. Pourtant, elles sont plus diplômées qu’eux : 43 % des 15-64 ans sont titulaires d’un Bac ou d’un diplôme supérieur, contre 36 % pour les hommes. Symétriquement, elles sont moins nombreuses que les hommes à posséder un CAP/BEP et légèrement moins à n’avoir aucun diplôme qualifiant. Elles sont autant représentées que les hommes dans les situations « intermédiaires » : chômage, halo autour du chômage, études ou formation, retraite. En revanche, elles sont deux fois plus présentes que les hommes dans les autres situations d’inactivité (24 %, contre 12 %).
Les écarts entre hommes et femmes sur le marché du travail demeurent, même à diplôme équivalent À niveau de diplôme équivalent, les écarts entre hommes et femmes persistent. Il faut atteindre le niveau BAC +3 ou supérieur pour qu’ils soient relativement contenus, mais toujours en défaveur des femmes.
Des écarts entre hommes et femmes sur le statut et les conditions d’emploi
Les femmes occupent donc 47 % des emplois, toutes formes confondues. Au-delà de cette sous-représentation globale, des écarts significatifs apparaissent au niveau du statut d’activité et des conditions de travail entre les femmes et les hommes. Les femmes occupent 44 % des emplois salariés du secteur privé. Elles sont plus souvent à temps partiel que les hommes (24 %, contre 4 % des hommes). Cette réduction du temps de travail est subie dans la grande majorité des cas, plus encore pour les hommes (72 % des cas) que pour les femmes (64 %). Au final, 15 % des femmes sont à temps partiel alors qu’elles ne le souhaitent pas, contre 3 % des hommes. Bien que globalement plus diplômées que les hommes, les femmes sont moins souvent qu’eux employées sur des catégories d’emplois intermédiaires ou supérieures (15 % des femmes, vs 24 % des hommes).
Contrairement au privé, les femmes sont majoritaires dans le secteur public. Elles occupent 62 % des emplois. C’est par catégorie d’emploi que les écarts sont les plus criants : les hommes sont les plus nombreux dans les postes de catégorie A ou d’encadrement et leur part décroit avec le niveau de l’emploi. À l’inverse, les femmes sont les plus représentées dans les postes de catégorie C.
Les femmes sont moins actives ou disponibles que les hommes pour rechercher un emploi, du fait de problématiques sociales principalement Parmi les 22 400 personnes sans emploi qui souhaitent travailler, une personne sur deux est une femme. Hommes et femmes sont plus souvent chômeurs que dans le halo. Toutefois, les hommes sont plus impliqués ou disponibles que les femmes : 63 % d’entre eux sont chômeurs, contre 57 % des femmes.
Une femme sur six ne souhaite pas travailler pour s’occuper d’un enfant ou d’un proche La population inactive au sens du BIT est composée de 57 % de femmes et 43 % d’hommes. La retraite ou les études sont les principales raisons d’inactivité pour les femmes comme pour les hommes, mais dans des proportions moindres pour elles. En revanche, elles restent bien plus souvent qu’eux à domicile pour s’occuper d’un enfant ou d’un proche : ainsi 88 % des personnes qui renoncent à travailler pour un tel motif sont des femmes.
Des différences subsistent entre Kanak et non-Kanak
En 2022, les Kanak représentent 39 % de la population de 15 ans ou plus. La répartition des personnes entre chaque groupe selon leur situation d’activité révèle des divergences persistantes. 47 % des Kanak sont en emploi, contre 55 % des personnes des autres communautés (voir figure 6). À l’inverse, les Kanak sont plus souvent au chômage ou dans le halo (15 % d’entre eux) que les autres (8 %). Ces écarts s’expliquent d’abord par des effets de structures : les femmes et les jeunes sont moins en emploi et plus souvent au chômage ou dans le halo que les hommes et les plus de 30 ans (cf. supra). Or précisément, dans la population Kanak, les femmes sont plus nombreuses que les hommes (52 % contre 48 %) quand la parité est strictement respectée dans le reste de la population. De même, les moins de 30 ans sont plus nombreux parmi les Kanak (30 %) que chez les non-Kanak (24 %). Au-delà, l’emploi et le chômage sont fortement corrélés au niveau de diplôme. En l’occurrence, malgré de réels progrès, la population Kanak reste globalement moins qualifiée : 49 % des 15-64 ans n’ont aucun diplôme qualifiant, contre 33 % pour les non-Kanak. À l’opposé, 6 % ont un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 28 % dans le reste de la population. Des écarts persistants entre les Kanak et les autres communautés, même à niveau de diplôme équivalent A diplôme équivalent, les écarts persistent. Dans l’emploi comme au chômage, la situation est plus défavorable aux Kanak qu’aux autres communautés, quel que soit le niveau de diplôme (voir figure 7). C’est dans l’inactivité qu’ils sont le moins marqués : quel que soit le niveau de diplôme, la part des personnes inactives est sensiblement la même dans les deux groupes.
Les Kanak accèdent de plus en plus à l’emploi, mais sont toujours moins présents que les non-Kanak
Au fil des années, les Kanak intègrent de plus en plus l’emploi formel. Depuis 2017, leur taux d‘emploi a progressé de 3,4 points et leur taux de chômage a reculé de 3,5 points. Le mouvement est inverse dans les autres communautés : leur taux d’emploi recule de 2,0 points et leur taux de chômage est quasi stable (+0,3 point).
Les personnes qui souhaitent un emploi sont majoritairement Kanak Parmi les 22 400 personnes qui souhaitent un emploi, qu’elles soient au chômage ou dans le halo, 57 % sont Kanak. Les Kanak restent au chômage plus longtemps que les autres : 41 % ont déclaré une durée de chômage supérieure à un an, contre 30 % pour les non-Kanak.