Emploi salarié | Synthèse annuelle 2025
En 2025, l’emploi salarié glisse sous son niveau de 2008
En 2025, l’emploi salarié en Nouvelle-Calédonie poursuit son repli, mais la baisse infra-annuelle s’interrompt. Les effectifs se stabilisent sur un palier historiquement bas, inférieur au niveau observé en 2008. Le secteur privé concentre l’essentiel des pertes notamment dans l’industrie et les services, tandis que le recul du public est principalement porté par les contractuels.
Chiffres clés
Une stabilisation à un niveau bas
En 2025, les employeurs, tous secteurs confondus, déclarent en moyenne 77 120 salariés, soit 4 900 salariés de moins qu’en 2024. La baisse annuelle atteint -6 %. Elle reste significative, mais intervient après la contraction exceptionnelle de 2024. En deux ans, l’économie calédonienne a perdu 13 200 emplois salariés.
Ce recul ramène le volume global d’emploi à un point bas historique, inférieur au niveau observé en 2008. L’année 2025 se caractérise toutefois par une évolution infra-annuelle peu heurtée : après un niveau bas en début d’année, les effectifs évoluent peu et se stabilisent globalement les trimestres suivants.
La situation traduit donc moins une poursuite du décrochage au fil de l’année qu’un effet de niveau. Le marché de l’emploi s’installe sur un palier réduit, sans signal de reprise nette des embauches.
Le privé reste le principal contributeur au repli
Le secteur privé déclare en moyenne 55 880 salariés en 2025, en baisse de 7 % sur un an, soit 4 050 salariés de moins qu’en 2024. Le recul demeure marqué, bien que deux fois moins important qu’en 2024. Il touche l’ensemble des grands secteurs d’activité.
La construction et l’industrie enregistrent les plus fortes baisses relatives, avec respectivement -13 % et près de -12 %. Le commerce recule de 6 %. Les services hors commerce, premier secteur employeur privé, diminuent de 4%, mais contribuent fortement aux pertes en volume.
Au cours de l’année, les effectifs privés cessent globalement de diminuer. Cette stabilisation provient surtout de la forte baisse des débauches, en recul de 34 %, signe que la phase de réduction rapide des effectifs s’estompe. En revanche, les embauches stagnent, ce qui ne permet pas d’enclencher un mouvement de reprise.
Un tissu productif encore fragilisé
La faible dynamique de l’emploi privé s’inscrit dans un environnement économique encore contraint. Le solde net de création d’entreprises redevient positif en 2025 car les créations sont plus nombreuses que les cessations.. Le nombre d’employeurs privés s’établit à 9 140 en moyenne en 2025, soit 15% de moins en deux ans.
Cette réduction du nombre d’employeurs limite mécaniquement les capacités de rebond du marché du travail. Dans ce contexte, les dispositifs de soutien à l’emploi ont contribué à maintenir une partie des salariés dans les effectifs. Le chômage partiel spécifique lié aux exactions, puis le dispositif exceptionnel de soutien à l’emploi, ont concerné au total 5 845 personnes en 2025.
Dans le public, le recul est porté par les contractuels
Le secteur public déclare en moyenne 21 230 salariés en 2025, soit une baisse de 4 % sur un an. Après un premier repli en 2024, la diminution s’accentue. Elle est principalement portée par les contractuels, dont les effectifs reculent pour la deuxième année consécutive.
Les évolutions des emplois permanents sont plus contrastées. Les fonctionnaires d’État diminuent de 2 %, après une stabilité en 2024. Les fonctionnaires territoriaux se stabilisent, interrompant la hausse observée depuis 2023. Ces mouvements interviennent dans un contexte de fortes contraintes budgétaires.