Emploi salarié | Conjoncture du 1er trimestre 2025
Début 2025, l’emploi salarié reste fragilisé
Au 1er trimestre, 77 300 salariés sont déclarés auprès de la Cafat par les employeurs privés et publics. Malgré une légère progression en données brutes début 2025, cette reprise reste très inférieure aux niveaux habituels à cette période de l’année. Aussi, corrigé des variations saisonnières, l’emploi salarié continue de reculer dans le secteur privé comme dans le secteur public, prolongeant une tendance entamée depuis fin 2023. L’emploi salarié reste fragilisé par le faible nombre d’embauches, malgré un recours au chômage partiel qui freine encore les pertes d’emploi. Tous secteurs confondus, 11 800 emplois ont été supprimés en un an.
Dans le privé, tous les grands secteurs subissent des pertes d’emplois, mais celles-ci sont particulièrement marquées dans l’industrie et les services. Le commerce n’échappe pas à cette tendance. La construction et l’agriculture, déjà fragilisées avant la crise de 2024, atteignent des niveaux d’emploi historiquement bas.
10 300 emplois perdus dans le secteur privé en un an
Au 1er trimestre 2025, le secteur privé comptabilise 56 220 salariés. Pour la deuxième année consécutive, la reprise attendue en mars n’a pas lieu dans les proportions habituelles. Aussi, une fois les effets saisonniers corrigés, l’emploi salarié privé diminue de 1,2 % par rapport au trimestre précédent (données CVS). Cette diminution prolonge la tendance amorcée dès la fin 2023 et qui s’est accentuée à partir de juin 2024. Cette baisse est plus marquée qu’au trimestre précédent (-0,6 %), mais elle reste toutefois nettement moins prononcée qu’aux 2e et 3e trimestres 2024.
Ainsi, sur cette période, le secteur privé perd 10 300 salariés. Cette contraction est néanmoins partiellement contenue grâce aux dispositifs de chômage partiel, qui ont permis à 3 500 salariés de conserver leur emploi en mars malgré une activité réduite (contre 6 970 en décembre).
Par ailleurs, ces chiffres ne reflètent pas pleinement la situation des 4 % de salariés exerçant auprès de plusieurs employeurs. Lorsque certains de leurs contrats prennent fin, ces personnes restent techniquement en emploi – auprès d’au moins un employeur – et ne sont donc pas comptabilisées parmi les pertes d’emploi. Néanmoins, la réduction de leur activité ne donne lieu à aucune compensation. C’est notamment le cas des employés de maison.
En un an, le secteur public perd 1 500 emplois
Au 1er trimestre 2025, le secteur public (voir source et méthode) déclare 21 040 salariés tous statuts confondus. Comme pour le secteur privé, la forte reprise habituelle au 1er trimestre, après des effectifs réduits en fin d’année, n’a pas eu lieu dans les proportions attendues.
Le secteur public affiche des effectifs en diminution de 2,5 % par rapport au trimestre précédent (données CVS). La diminution amorcée depuis le 2e trimestre 2024 s’accélère. Ainsi entre mars 2024 et mars 2025, le secteur public a perdu 1 500 emplois, principalement parmi les contractuels. Ce ralentissement reflète les difficultés dans lesquelles le secteur public est désormais enlisé.