Consommation - Inflation | Synthèse annuelle prix à la consommation 2025

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Consommation et inflation
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Mis à jour / Publié le
11/05/2026
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L’alimentation et le logement : principaux moteurs de l’inflation


En 2025, l’inflation globale reste relativement contenue, mais, comme en 2024, elle porte sur des postes de consommation essentiels et difficilement compressibles, particulièrement pour les ménages modestes. Or, ceux-ci pourraient être plus nombreux dans un contexte où le marché du travail peine à repartir et où les revenus de remplacement liés au chômage arrivent à échéance.

En 2025, l’inflation moyenne s’établit à +1 % sur un an. Derrière ce chiffre modéré se cachent de fortes disparités : tandis que les prix d’achats essentiels (alimentation, logement) augmentent nettement, les prix d’autres postes comme l’habillement ou les communications diminuent.

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Dans ce contexte, le gouvernement a relancé en mai 2025 le « bouclier qualité‑prix », destiné à plafonner les tarifs d’un ensemble de produits de grande consommation afin de soutenir le pouvoir d’achat et l’accès à des biens indispensables.

En 2026, les incertitudes géopolitiques au Moyen‑Orient font peser un risque supplémentaire sur l’évolution des prix, notamment via la hausse potentielle des coûts de l’énergie.

L’alimentation pèse le plus dans la hausse des prix

Les principaux groupes de produits alimentaires à la hausse sont les « légumes », les « pains et céréales », les « viandes », les « laits, fromages et oeufs », les « huiles et graisses » et les « sucre, confiture, chocolat, confiserie et produits glacés ».

En 2025, les importations de légumes progressent par rapport à 2024, année atypique marquée par des difficultés d’approvisionnement consécutives aux émeutes, mais restent nettement inférieures à celles de 2023, considérée comme une année de référence. Dans ce contexte, la production locale de légumes apparaît suffisante pour approvisionner le marché intérieur, sans recours accru aux importations. Dès lors, la hausse des prix observée en 2025 ne semble pas résulter d’un renchérissement importé, mais plutôt de facteurs internes au marché local.

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Les « pains et céréales », qui représentent environ 30 % du budget alimentaire des ménages les plus modestes, constituent un poste de dépense particulièrement sensible. L’indice des prix de ce groupe a fortement augmenté en mai‑juin 2024, à la suite des perturbations de production et d’approvisionnement liées aux émeutes de mai 2024.

L’entrée en vigueur de la « taxe sucre » au 1er septembre 2024, qui touche une partie de cette classe de produits, a renforcé ces tensions. En 2025, l’indice demeure élevé et se caractérise par de fortes fluctuations.

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Les prix des viandes augmentent entre juin 2024 et avril 2025. Depuis, les prix baissent mais restent à un niveau fortement supérieur à ceux enregistrés avant les émeutes de 2024.

Les prix des huiles et graisses augmentent eux aussi, et concernent les huiles, les beurres et margarines.

La hausse des prix des « sucre, confiture, chocolat, confiserie et produits glacés » est directement liée à l’application, depuis le 1er septembre 2024, de la taxe sur certains produits alimentaires contenant du sucre.

Cette majoration tarifaire vise à orienter les comportements d’achat vers des produits plus favorables à la santé, dans un contexte de hausse continue de la prévalence du diabète. Pour rappel, à l’instar de la taxe TAT3S, la « taxe sucre » est affectée à l’Agence sanitaire et sociale et destinée au financement des campagnes de prévention.

Le « bouclier qualité-prix » : un dispositif utile, mais aux effets circonscrits

Mi-2025, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie s’est engagé à redonner du pouvoir d’achat aux Calédoniens et à soutenir la consommation des ménages. Dans ce contexte, un accord interprofessionnel a été signé avec les représentants des industries locales de transformation, de l’importation, de la grande distribution et des petits commerces. Cet accord fixe les coefficients de marge maximums ou prix de vente maximums aux consommateurs pour une liste de produits de consommation courante ou de première nécessité, à compter du 1er juillet 2025 pour une durée de 1 an renouvelable.

Toutefois, ce dispositif comporte plusieurs limites. D’une part, il ne concerne qu’une fraction des produits au sein d’une même famille. D’autre part, le périmètre des produits encadrés dépend de la surface de vente, avec 120 références dans les grandes surfaces d’au moins 2 500 m², contre seulement 30 dans les commerces de moins de 500 m².

Or, les ménages recourent majoritairement aux commerces de proximité pour leurs achats courants, une tendance encore renforcée depuis les émeutes de mai 2024 et leurs répercussions persistantes en 2025.

Les dépenses liées au logement, deuxième facteur de hausse des prix

La hausse des prix du logement s’explique principalement par l’augmentation du coût de l’électricité et, dans une moindre mesure, de celui du gaz, tandis que les loyers reculent.

À compter de 2027, les tarifs seront ajustés trimestriellement selon les coûts réels de production et d’acheminement.

Moins marquée que celle de l’électricité, la revalorisation des prix du gaz n’en constitue pas moins un facteur de pression supplémentaire sur le budget des ménages.

Cette évolution se traduit concrètement par une augmentation sensible du prix de la bouteille de gaz T13, passée de 3 811 F. CFP en janvier 2024 à 4 403 F.CFP en août et septembre 2025. En fin d’année, le tarif est redescendu à 4 152 F.CFP.

La baisse des loyers est liée au contexte socio-économique et démographique. Entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2025, 11 800 emplois ont été perdus, dans le secteur privé et dans le secteur public, suite à la destruction du tissu économique local et à la contraction des dépenses publiques. Par ailleurs, l’abondance des biens sur le marché, la baisse de la population en Nouvelle-Calédonie entre 2019 et 2025 (-6 811 personnes) et le phénomène de re-cohabitation, pour raison financière notamment, ont pu créer un déséquilibre entre l’offre et la demande de logements avec pour conséquence une baisse de la valeur locative du marché.

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Hausse du prix des cantines et des transports publics et forte chute des prix des vêtements et chaussures

Les prix de « l’Hôtellerie, café et restauration », des « autres biens et services », des « boissons alcoolisées et tabacs », des « loisirs et culture » et de « l’enseignement, éducation » augmentent en 2025.

Dans le détail, la revalorisation annuelle des tarifs des cantines constitue le principal facteur de hausse de ce poste de dépenses, devant les autres évolutions tarifaires. Parmi les « autres biens et services », les hausses les plus marquées concernent les frais de garde des jeunes enfants et les assurances.

À l’inverse, les dépenses liées à l’« habillement et chaussures », aux « transports », aux « communications » et à l’« ameublement et équipement ménager » sont en recul.

Dans la division « Transports », la baisse des prix des véhicules et des carburants coexiste avec une hausse marquée des tarifs du transport en commun.

Cette augmentation, liée à la restructuration du réseau Tanéo après les émeutes de mai 2024, contribue à la progression de l’indice des prix du transport collectif

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Encadré 1 : L’inflation est deux fois plus forte pour les ménages les plus modestes

Les ménages les plus modestes n’ont pas la même structure de consommation que l’ensemble des ménages calédoniens. Par conséquent, l’évolution des prix ne les affecte pas de la même manière. En 2025, l’inflation atteint 1 % pour l’ensemble des ménages, mais elle s’élève à 2 % pour les ménages les plus modestes.

La hausse des prix du transport en commun affecte plus spécifiquement les ménages modestes, dont les dépenses contraintes représentent une part importante du budget.

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Encadré 2 : Un an après les émeutes, l’emploi salarié reste fortement affecté

L’année 2024 a été marquée par les émeutes de mai et leurs conséquences durables sur l’emploi.

Les dispositifs de chômage partiel de droit commun, renforcés par des aides publiques exceptionnelles, ont permis de limiter les licenciements. Cependant, dans un contexte d’incertitude et de baisse d’activité, de nombreuses entreprises ont gelé leurs recrutements.

Un marché du travail qui ne redémarre pas en 2025

Au 2e trimestre 2025, l’emploi salarié cesse de reculer après un an et demi de contraction. Cette stabilisation intervient toutefois à un niveau bas. Les embauches ne reprennent pas.

Ce contexte ne permet donc pas aux 11 800 salariés ayant perdu leur emploi en 2024 d’en retrouver un.

Chômage indemnisé : une baisse liée aux fins de droits plutôt qu’à un retour à l’emploi

En 2025, 2 500 personnes sans emploi sont indemnisées au titre du chômage total, contre 7 000 au 31/12/2024.

Cette forte baisse ne traduit pas une amélioration du marché du travail. Le nombre de chômeurs indemnisés peut en effet diminuer pour deux raisons opposées : un retour à l’emploi, ou une fin de droits, l’indemnisation étant limitée à neuf mois.

Or, l’emploi ne redémarre pas : la baisse de l’indemnisation reflète donc principalement des fins de droits, et non une reprise de l’activité.

Un éclairage plus précis est attendu en 2026

L’Enquête Forces de Travail (EFT) menée en 2026 permettra d’évaluer plus finement la situation du marché du travail dans un contexte post‑émeutes et de mesurer les écarts avec l’EFT 2023.

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Encadré 3 : Un risque d’inflation importée en 2026

Les tensions géopolitiques observées début 2026 au Moyen‑Orient pourraient raviver les pressions inflationnistes, notamment par une hausse des prix de l’énergie.

Dans un contexte où l’inflation locale touche principalement les dépenses essentielles, une nouvelle hausse des prix de l’énergie viendrait renforcer la vulnérabilité des ménages les plus modestes.

Ce conflit pourrait également avoir un effet sur les coûts de production locaux, en renchérissant les intrants importés, qu’il s’agisse de carburants, de matières premières ou de biens intermédiaires nécessaires au fonctionnement des entreprises.

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