Comptes économiques rapides de la Nouvelle-Calédonie 2022
Un net rebond en sortie de crise sanitaire sur fond de hausse inédite des prix
En 2022, le produit intérieur brut augmente de 3,5 % à prix constants, après 3 années de contraction. La reprise de l’activité économique calédonienne post-Covid a donc bien eu lieu, mais avec une année de décalage par rapport à la France métropolitaine et aux autres géographies ultramarines. Malgré ce rebond, le territoire ne retrouve pas le niveau de son PIB de 2019 (en francs constants) : le rattrapage n’est donc que partiel.
Dès le début de l’année 2022, l’économie calédonienne a bénéficié d’un environnement propice avec la fin de la crise sanitaire, l’aboutissement du processus référendaire porteur de tensions et d’incertitudes, et des cours du nickel particulièrement favorables sur les marchés internationaux. L’indicateur du climat des affaires (ICA), s’établit en 2022 significativement au-delà de sa moyenne de longue période.
L’ensemble des composantes de l’économie contribue à la croissance économique. La consommation des ménages confirme sa résilience et progresse de 2,6 % en volume, en dépit de l’inflation importante et d’une population en baisse. L’investissement augmente nettement (+7,3 % en volume) dans un contexte de reprise économique et de taux d’intérêt historiquement bas sur la première moitié de l’année. Le commerce extérieur contribue également positivement à la croissance réelle puisqu’en volume les exportations s’accroissent davantage que les importations (respectivement +16,8 % et +8,1 %).
La Nouvelle-Calédonie n’a pas échappé aux fortes tensions inflationnistes qui ont affecté l’économie internationale : l’indice des prix à la consommation (IPC) progresse en moyenne de 3,7 % sur l’année 2022 après avoir enregistré des croissances supérieures à 5 % en glissement annuel pour les mois d’août, septembre, octobre et décembre. Cet effet-prix s’ajoute à l’effet volume et porte la croissance nominale du PIB à 7,5 %.
L’emploi salarié privé atteint un niveau inégalé
En 2022, 67 390 salariés sont déclarés en moyenne par les employeurs du secteur privé auprès de la Cafat. Cet effectif est en progression de 3,3 % par rapport à 2021.
La consommation des ménages confirme sa résilience malgré l’inflation
La Nouvelle-Calédonie n’a pas été épargnée par le contexte international de tension sur les prix, puisqu’en 2022 le niveau de l’inflation bat un record de plus de 30 ans. Les hausses sont particulièrement fortes pour l’énergie (16,6 %) ou l’alimentation (6,4 %). Pourtant, le niveau moyen de l’inflation en Nouvelle-Calédonie s’établit à 3,7 % sur un an
La consommation progresse tout de même de 2,6 % en volume. L’année 2022 est effectivement la première année sans restriction sanitaire,
après un confinement en 2020 et deux en 2021.
La consommation a néanmoins probablement été freinée par une population en recul en 2022 (1 300 personnes), sous l’effet concomitant d’une baisse du solde naturel et d’une persistance du déficit migratoire.
L’investissement progresse nettement
L’investissement privé progresse significativement sous l’effet de la reprise de l’activité post crise sanitaire, de la visibilité offerte par l’achèvement du processus référendaire et d’un environnement de taux d’intérêt historiquement bas au cours du 1er semestre 2022. En outre, la remontée des taux d’intérêt amorcée au cours de l’année par les principales banques centrales pour lutter contre l’inflation a probablement contribué à accélérer certains projets afin de bénéficier de taux d’intérêt encore avantageux sur le second semestre.
Les acteurs publics maintiennent leur niveau d’investissement en dépit de leurs difficultés budgétaires, en particulier les travaux
d’infrastructures routière.
Les échanges commerciaux contribuent à la croissance réelle (en volume) tandis que le déficit commercial s’accroît (en valeur)
Les exportations de biens et services augmentent en volume (+16,8 %), sous l’influence des ventes de produits métallurgiques (+33,7 %).
Parallèlement, les volumes importés augmentent, mais dans des proportions moins importantes (+8,1 %). Les échanges extérieurs contribuent donc positivement à la croissance réelle globale.
Les importations de biens augmentent de 37,7 % en valeur (soit +105,7 milliards de F.CFP) pour atteindre 386,5 milliards de F.CFP, niveau inégalé sur la décennie. L’augmentation est particulièrement significative (+196,7 %) pour les produits minéraux (incluant charbon, pétrole, etc.) qui représentent désormais 39,5 % des importations et expliquent à eux seuls 79,0 % de la hausse de la valeur des importations
totales.
Le poids du nickel dans la valeur ajoutée est en forte croissance
Après une année 2021 difficile pour l’activité minière et métallurgique, l’année 2022 a été plus favorable. Certes volatil, le cours du nickel a été bien orienté sur les marchés internationaux en 2022. À la faveur de la reprise économique mondiale et de la baisse des stocks (-67,8 % en moyenne sur un an répertorié par le LME), le cours annuel moyen du nickel progresse de 40,5 % par rapport à 2021, même si les
métallurgistes calédoniens n’en profitent pas pleinement pour des raisons contractuelles ou de positionnement produit.
Sur le territoire calédonien la production métallurgique enregistre une nette progression après trois années consécutives de recul (+25,9 % en 2022, après -19,1 % en 2021, -3,9 % en 2020 et -17,6 % en 2019), malgré des conditions climatiques défavorables, des problèmes d’alimentation énergétique, et des blocages sur certains sites. L’extraction minière progresse également en 2022 (+7,3 %, après -6,7 % en 2021).