Commerce extérieur | Synthèse annuelle 2025
Une amélioration apparente, mais pas de redémarrage franc
En 2025, le commerce extérieur tourne au ralenti. Les échanges commerciaux de la Nouvelle-Calédonie avec l’extérieur restent faibles, dans un contexte encore fortement marqué par les séquelles économiques et industrielles de 2024, un investissement en retrait et une demande intérieure durablement contrainte. La reprise d’activité de l’usine du Sud constitue le principal point d’appui de l’année. Toutefois, elle ne suffit ni à compenser les fragilités persistantes du ferronickel, ni à réduire la dépendance structurelle au nickel, ni, à ce stade, à enclencher une véritable diversification à grande échelle. Les niches exportatrices identifiées restent embryonnaires et peinent encore à produire un effet macroéconomique significatif. Si les indicateurs extérieurs montrent des signes d’amélioration et que les recettes fiscales à l’importation se stabilisent, ces évolutions ne traduisent pas encore un véritable regain de dynamisme économique. Ainsi, la trajectoire de 2025 s’apparente moins à un redémarrage franc qu’à une phase de transition incertaine et fragile.
Chiffres clés
Le déficit commercial recule ainsi de 24,5 milliards de F.CFP. Cette amélioration demeure toutefois mécanique et conjoncturelle, traduisant davantage un recul des importations qu’un renforcement structurel des capacités exportatrices. (Voir Fig.1)
Le nickel tire les exportations en volume, mais pas en valeur
La reprise progressive de l’usine du Sud a permis un redressement sensible des exportations de NHC, qui atteignent 47,3 milliards de F.CFP pour 170,5 kilotonnes exportées.
Parallèlement, le ferronickel reste fortement pénalisé. Ses exportations reculent de 31 % en 2025, sous l’effet combiné d’une baisse des volumes exportés de 14 % et d’un contexte de prix défavorable. La part du ferronickel dans les exportations de produits du nickel tombe à 38 %, contre plus de 50 % les années précédentes.
Les exportations de thons pénalisées par la suspension de la ligne aérienne Nouméa-Tokyo
Les exportations de produits de la mer diminuent de 12,8 %, principalement en raison de l’effondrement des ventes de thons (–45 %), pénalisées par la suspension de la liaison aérienne Nouméa–Tokyo.
Hors nickel : normalisation des flux après l’exception de 2024
La valeur des autres produits exportés ou réexportés atteint 11,1 milliards de F.CFP, soit une augmentation de 15 % en un an. La valeur des autres produits exportés ou réexportés atteint 11,1 milliards de F.CFP, soit une augmentation de 15 % en un an. Ce total regroupe des biens produits par les entreprises locales, notamment de l’industrie alimentaire, et des biens non transformés localement.
Les importations sont en repli, reflet d’une économie en attente
Le recul des importations constitue l’autre grand fait marquant de l’année. La facture globale diminue de 11 %, confirmant le ralentissement généralisé de l’économie. Les biens d’investissement sont les plus affectés : machines industrielles et moyens de transport reculent d’environ 26 %.
Cette évolution illustre un report ou un gel des décisions d’équipement, notamment dans l’industrie et le BTP. (Voir Tab.2)
Une fiscalité douanière qui amortit le choc
En dépit du recul des importations, les recettes douanières se maintiennent globalement à 41,7 milliards de F.CFP. Cette stabilité repose sur une recomposition des prélèvements.
Le principal fait saillant réside dans la montée en puissance des taxes ciblées, et en particulier de la taxe sur les produits contenant du sucre, dont le rendement dépasse 1,1 milliard de F.CFP après une année complète de mise en œuvre.