Commerce extérieur | Conjoncture du 3ème trimestre 2025
Un rebond des exportations au troisième trimestre 2025, mais des échanges extérieurs durablement fragilisés
Au 3e trimestre 2025, les échanges extérieurs restent atones, malgré un sursaut des exportations, porté par la reprise des ventes de NHC et de minerai. Les importations et exportations demeurent à des niveaux historiquement bas, reflet d’une demande intérieure affaiblie et d’une activité économique ralentie. Si le déficit commercial se réduit mécaniquement — conséquence d’un recul plus marqué des importations que des exportations —, cette amélioration ne traduit pas encore une reprise durable de l’activité. Les résultats du commerce extérieur restent fortement contraints par la crise persistante du nickel, qui se traduit aussi dans la structure des importations marquée par la chute des achats de combustibles.
Au 3e trimestre 2025, la valeur des exportations atteint 33 milliards de F.CFP et celle des importations s’élève à 56 milliards de F.CFP.
Le montant des importations demeure à un niveau historiquement bas (-24 % par rapport aux valeurs trimestrielles moyennes des dix dernières années). En parallèle, la reprise sur un an des exportations reste limitée, fortement conditionnée par la crise persistante du nickel.
Au troisième trimestre 2025, la reprise des ventes de NHC relève le montant des exportations
Au troisième trimestre 2025, les exportations progressent nettement (+31 % en glissement annuel), portées par la reprise de l’activité de Prony Ressources. Les ventes de NHC retrouvent en effet des niveaux proches du niveau trimestriel moyen des deux dernières années avant mai 2024.
Cette reprise ne concerne toutefois pas le ferronickel : la production n’augmente que modérément ; et la valeur est dépréciée par des cours moins favorables qu’à la même période en 2024. Ainsi, la valeur recule de 6,2 %, malgré une hausse des volumes de 4 %.
Les exportations de minerai de nickel progressent de 46 % en valeur et de 89 % en volume par rapport au troisième trimestre 2024. Cette variation ne traduit cependant pas un rebond significatif, compte tenu du niveau particulièrement bas de l’activité au troisième trimestre 2024.
Sur un an, les exportations de produits de la mer enregistrent une forte baisse de 37 %. Les destinations les plus affectées sont les territoires français (France métropolitaine et Wallis-et-Futuna) ainsi que le Japon, dont les approvisionnements par voie aérienne ont cessé après septembre 2024, à la suite de la suspension de la liaison par la compagnie Aircalin.
Les exportations de produits de la terre et de l’élevage restent modestes mais profitent, au troisième trimestre 2025, des ventes saisonnières de squash, ainsi que d’une exportation ponctuelle mais significative de viandes bovines et de cervidés.
Stabilité des importations au troisième trimestre 2025 : entre baisse des approvisionnements de produits énergétiques et hausse des achats de biens de consommation
Les importations de combustibles minéraux baissent de 27 % sur un an, à la faveur d’un repli des cours mondiaux : en volume, la baisse sur un an est en effet deux fois moins élevée.
À l’inverse, les achats de matières brutes non comestibles doublent de valeur par rapport à l’année précédente. En particulier, les importations de soufre, qui accompagnent la relance de l’activité hydro-métallurgique, sont multipliées par quatre.
Les importations d’articles manufacturés divers augmentent de 23 % au troisième trimestre. Cette progression concerne l’ensemble des articles, à l’exception du mobilier.
Les approvisionnements en produits chimiques et connexes enregistrent une hausse de 15 %, portée principalement par les achats de substances destinées à l’industrie.
Les investissements en machines destinées, notamment, à l’industrie agroalimentaire, à l’énergie et à la mine, contribuent au maintien du poste des achats de machines et de matériel de transport, dont la progression globale reste modérée à +2,3 %.