Commerce extérieur | Conjoncture du 1er trimestre 2025
Au premier trimestre 2025, les échanges atteignent un niveau historiquement bas
Après une année 2024 profondément marquée par la crise du secteur nickel et les émeutes, au 1er trimestre les exportations repartent très timidement mais les importations continuent de se contracter.
Au 1er trimestre 2025, le montant des échanges s’élève à 51,4 milliards F.CFP en importation et 27,7 milliards F.CFP en exportation. Il s’agit de montants historiquement bas pour lesquels les dernières valeurs proches remontent à une période antérieure à 2010.
Le solde commercial s’améliore mais reste largement déficitaire de 23,7 milliards F.CFP. Par contre, le taux de couverture diminue : les recettes d’exportations ne couvrent plus que 54 % de la facture des importations.
Les exportations : une chute aggravée par des cours mondiaux défavorables
Le montant des exportations a chuté de 44 % en glissement annuel, affectant l’ensemble des produits du nickel. La tendance à la baisse des cours mondiaux aggrave une activité industrielle fortement réduite.
L’usine du Nord, à l’arrêt complet depuis le 3e trimestre 2024, n’a pas encore de repreneur. À cela s’ajoute la réduction des activités de la SLN, due à la fermeture des sites d’approvisionnement de la côte Est et de Poum.
Les exportations de ferronickel reculent de 43 % en volume et de 58 % en valeur. Les volumes exportés sont en diminution de 28 % par rapport au 1er trimestre 2024. Avec 7,6 milliards de F.CFP, les ventes de NHC reculent de 42 % en valeur.
Les exportations de minerai sont également en recul, avec une baisse de 38 % en volume et de 25 % en valeur. Les exportations phares de produits de la mer sont en diminution par rapport à l’année précédente (-42 %). La valeur des exportations de thons baisse d’un tiers en raison de l’arrêt des commandes à destination du Japon.
Ralentissement des importations : effet de la baisse des achats industriels et de transport
Au 1er trimestre 2025, la valeur des importations a diminué de 36 % en glissement annuel.
Cette diminution est en premier lieu imputable à la baisse des achats de machines industrielles et de moyens de transport (-60 %).
Les livraisons d’automobiles ont chuté de plus de 60 % en valeur, et celles d’utilitaires pour le transport de marchandises ou à usage spécial de 55 %. Le ralentissement de l’activité industrielle pèse également sur les commandes de machines (-38 %).
L’arrêt de l’activité de KNS explique l’essentiel (72%) de la diminution des commandes en carburant et combustibles.
Les importations de produits manufacturés de base sont également en diminution (-35 %). Les articles en métal, en fer ou en acier, tels que les structures métalliques, les tuyaux, les outils courants (vis, boulons, fil métallique…), sont particulièrement concernés, avec des chutes de 39 à 47 % en valeur.
Ces résultats traduisent le ralentissement marqué de l’activité dans le domaine de la construction. Les importations d’articles manufacturés de consommation courante diminuent de 24 %. La facture des produits alimentaires ressort ainsi stable par rapport au 1er trimestre 2024. Les importations de boissons non alcoolisées ont triplé sur un an, s’intensifiant depuis le 2e semestre 2024 pour compenser la production locale détruite pendant les exactions.