Bilan démographique 2022
La Nouvelle-Calédonie perd 1 300 habitants en 2022
En 2022, la Nouvelle-Calédonie compte 1 300 habitants de moins qu’en 2021, sous l’effet cumulé du déficit migratoire croissant et du solde naturel qui se réduit continuellement. La pyramide des âges se creuse à la base et s’élargit au sommet. Le vieillissement de la population crée ainsi un déséquilibre intergénérationnel au profit des plus âgés. Les baby-boomers, de plus en plus nombreux après 70 ans, contribuent au maintien de la mortalité à un niveau élevé en 2022. Après deux années consécutives de forte mortalité, l’espérance de vie à la naissance perd quatre mois. Les plus jeunes faisant de moins en moins de bébés, le décrochage de la natalité est durable. Seule la province Nord résiste à cette baisse. La fécondité plus tardive qu’auparavant des femmes de Nouvelle-Calédonie ne permet plus d’assurer le renouvellement des générations. La célébration de mariages a repris son niveau habituel, autour de 900 mariages annuels, après deux années de recul en raison des restrictions sanitaires.
Le solde naturel ne remonte pas
Au 1er janvier 2023, la Nouvelle-Calédonie comptait 268 500 habitants. C’est 0,5 % de moins qu’il y a un an, sous l’effet simultané de la baisse du solde naturel et de la hausse du déficit migratoire. La baisse du solde naturel est ininterrompue depuis dix ans.
En 2022, le solde naturel reste positif. Le nombre de naissances dépasse le nombre de décès de 1 905 personnes. Mais cet apport se réduit d’année en année : il a baissé de 2,3 % en 2022 après avoir déjà chuté de 21 % en 2021, année particulière de crise sanitaire marquée par une mortalité exceptionnelle.
En 2022, le taux d’accroissement naturel de la population, différence entre le taux de natalité (14 ‰) et le taux de mortalité (7 ‰), se situe à 0,7 % comme en 2021.
Un déséquilibre intergénérationnel au profit des plus âgés
Le ralentissement précoce de l’accroissement naturel depuis deux ans, associé à un déficit migratoire continu sur dix ans, accélère le vieillissement de la population.
La base de la pyramide des âges se creuse au fur et à mesure que les naissances diminuent. Le déficit de la population, notamment aux âges de faire des enfants, amplifie cette érosion. Le sommet s’élargit grâce aux baby-boomers qui sont non seulement nés nombreux, mais vivent aussi plus longtemps, grâce aux gains d’espérance de vie dont ils ont bénéficié à tous les âges de leur vie.
En se modifiant au profit des aînés, l’équilibre intergénérationnel pèse sur notre système socio-économique actuel, notamment pour le financement des retraites, des soins médicaux ou la prise en charge de la dépendance.
La mortalité se maintient à un niveau élevé
En 2022, le taux global de mortalité de 7 ‰ reste proche du niveau exceptionnel observé en 2021. D’année en année, la répartition par genre des décès conserve les mêmes proportions, ainsi en 2022, 57 % des défunts sont des hommes et 43 % sont des femmes.
La répartition des décès selon la province de domicile des défunts reste stable. En 2022, deux défunts sur trois sont domiciliés en province Sud (1 320 décès), un sur cinq en province Nord (420 décès) et moins de 10 % des personnes décédées sont domiciliées en province des Îles (130 décès).
Les baby-boomers font augmenter la mortalité
Le gonflement du sommet de la pyramide des âges a pour conséquence des modifications de la représentativité des décès par classe d’âge. Sur la période 2015-2019, les décès de personnes de moins de 50 ans représentaient 18 % du total, alors qu’ils ne représentent plus que 14 % en 2022.
A contrario, les décès des plus de 50 ans qui représentaient 82 % des décès en 2015-2019, représentent aujourd’hui 86 % des décès