Bilan démographique 2022

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Mis à jour / Publié le
10/11/2025
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La Nouvelle-Calédonie perd 1 300 habitants en 2022

En 2022, la Nouvelle-Calédonie compte 1 300 habitants de moins qu’en 2021, sous l’effet cumulé du déficit migratoire croissant et du solde naturel qui se réduit continuellement. La pyramide des âges se creuse à la base et s’élargit au sommet. Le vieillissement de la population crée ainsi un déséquilibre intergénérationnel au profit des plus âgés. Les baby-boomers, de plus en plus nombreux après 70 ans, contribuent au maintien de la mortalité à un niveau élevé en 2022. Après deux années consécutives de forte mortalité, l’espérance de vie à la naissance perd quatre mois. Les plus jeunes faisant de moins en moins de bébés, le décrochage de la natalité est durable. Seule la province Nord résiste à cette baisse. La fécondité plus tardive qu’auparavant des femmes de Nouvelle-Calédonie ne permet plus d’assurer le renouvellement des générations. La célébration de mariages a repris son niveau habituel, autour de 900 mariages annuels, après deux années de recul en raison des restrictions sanitaires.

 

Le solde naturel ne remonte pas

Au 1er janvier 2023, la Nouvelle-Calédonie comptait 268 500 habitants. C’est 0,5 % de moins qu’il y a un an, sous l’effet simultané de la baisse du solde naturel et de la hausse du déficit migratoire. La baisse du solde naturel est ininterrompue depuis dix ans. À compter de 2019, la population baisse car l’excédent des naissances sur les décès n’a plus compensé le déficit migratoire. 
En 2022, le solde naturel reste positif. Le nombre de naissances dépasse le nombre de décès de 1 905 personnes. Mais cet apport se réduit d’année en année : il a baissé de 2,3 % en 2022 après avoir déjà chuté de 21 % en 2021, année particulière de crise sanitaire marquée par une mortalité exceptionnelle. Les naissances comme les décès reculent, tout en se maintenant à un niveau élevé : les naissances baissent de 3,2 % (3 800 en 2022), et les décès de 4,1 % (1 900 en 2022). 
2022 confirme l’exception de 2021. Le solde naturel excédentaire demeure sous la barre symbolique des 2 000 personnes, niveau historiquement bas. En 2021, l’influence des deux « années Covid » sur la natalité et l’explosion des décès causés par l’épidémie en fin d’année, expliquaient la faiblesse du solde naturel. En 2022, le taux d’accroissement naturel de la population, différence entre le taux de natalité (14 ‰) et le taux de mortalité (7 ‰), se situe à 0,7 % comme en 2021. Il avoisinait 0,9 % ces dernières années et était supérieur à 1 % avant 2016.
Le solde migratoire est estimé déficitaire pour la huitième année consécutive. En prolongeant les tendances passées (voir encadré), le déficit atteind 3 200 personnes en 2022, soit plus d’une fois et demie le solde naturel. La population totale perd ainsi plus de 1 000 personnes pour la deuxième année consécutive.
Cette hypothèse d’un déficit constant est corroborée par la différence entre le nombre de passagers débarquant et embarquant à l’aéroport de Tontouta. Ce solde reste négatif depuis le dernier recensement de la population

 

Un déséquilibre intergénérationnel au profit des plus âgés

Le ralentissement précoce de l’accroissement naturel depuis deux ans, associé à un déficit migratoire continu sur dix ans, accélère le vieillissement de la population.  
La base de la pyramide des âges se creuse au fur et à mesure que les naissances diminuent. Le déficit de la population, notamment aux âges de faire des enfants, amplifie cette érosion. Le sommet s’élargit grâce aux baby-boomers qui sont non seulement nés nombreux, mais vivent aussi plus longtemps, grâce aux gains d’espérance de vie dont ils ont bénéficié à tous les âges de leur vie.

En se modifiant au profit des aînés, l’équilibre intergénérationnel pèse sur notre système socio-économique actuel, notamment pour le financement des retraites, des soins médicaux ou la prise en charge de la dépendance. 

 

Une fécondité plus tardive

En 2022, pour une population de 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans, 56 enfants en moyenne sont nés. C’est près de trois enfants de moins que sur la moyenne de 2015-2019.
Cette baisse s’explique par une nette baisse de la fécondité des plus jeunes, de moins de 25 ans, qui privilégient l’accès aux études supérieures plutôt que la maternité. 

Après 35 ans, la fécondité augmente chaque année. Les femmes qui souhaitent avoir un enfant après cet âge sont confrontées à une « barrière » naturelle de la fertilité. 

Le report des naissances des plus jeunes vers des âges plus tardifs ne peut biologiquement pas compenser le déficit de début de vie féconde.

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